Ilsse préparent à la dissertation sur l’œuvre Fables de La Fontaine, livres VII à XI, parcours « Imagination et pensée ». Cette séance a été proposée en accompagnement personnalisé. Elle peut être proposée sur une heure de groupe (TD) ou en classe entière. Matériel : vidéo projection pour le professeur et ordinateurs personnels pour les élèves (lycée 4.0). A.
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Parcours: Imagination et pensée au XVIIe siècle Dans quelle mesure faut-il prendre les Fables de La Fontaine au sérieux ? Vous répondrez à cette question dans un développement organisé. Votre réflexion prendra appui sur l’œuvre de Jean de La Fontaine au programme, sur le travail mené dans
Penséeet imagination 23 Chronologie.. 29 Fables Livres VII à XI Livre septième 41 Sujets de bac : dissertation 275 Sujet de bac technologique : contraction de texte et essai 277 Table alphabétique des fables..281. PRÉSENTATION Il n’est point vers chez La Fontaine qui, donnant essor à l’imagination, ne sollicite en même temps, par un privilège
Enfin retrouve ci-dessous les sujets portant sur le parcours Imagination et pensée au XVIIe siècle : Œuvre : Jean de La Fontaine, Fables (livres VII à IX) Texte : Marie
LadifficultĂ© ici rĂ©side dans la connaissances de la localisation des thèmes ; toutefois , sous une diversitĂ© de surface, on constate assez rapidement que les fables offrent une vision du monde assez homogène de leur auteur ; Il sera possible de le dĂ©montrer en se basant sur les thèmes rĂ©currents comme la satire de l'orgueil , l'incitation Ă la prudence , Ă la mesure et Ă
Effets du rêve et de l’imagination (dont Perrette est ici victime). 6. « Chacun songe en veillant, il n’est rien de plus doux. » (« La Laitière et le pot au lait »). ® Aptitude de tous les hommes au rêve. ® Plaisir de l’imagination (et donc de la fiction). 7. « La Fortune se plaît à faire de ces coups / Tout vainqueur
GOOi. Solène PAIN Les fables de La Fontaine ont-elles uniquement un caractère moralisateur ? La séance de tutorat, lors de laquelle on a pu échanger avec d’autres étudiantes, m’a permis de me poser les bonnes questions pour le mémoire qui sera la poursuite de mon TER. Dans un premier temps, je vais pouvoir revenir sur le titre de mon TER qui était “Etudier les fables au cycle 3”. En effet, je ne reprendrai pas ce titre car celui-ci était déjà trop vague et ne reflétait pas le contenu de mon écrit. En effet, la notion principale que j’abordais était principalement la morale. De ce fait, sachant que pour mon mémoire je vais repartir de ce TER, le titre sera ici plus précis et plus évoquant sur son contenu. Le terme principal “morale” sera bien évidemment repris. Pour le mémoire, je vais me baser uniquement sur les fables de La Fontaine. La principale question que je vais me poser est de savoir si les fables sont écrites dans l’unique intention de faire passer une morale. Ensuite, je vais analyser quelques situations où la place de la morale est différente. J’ai pour cela sélectionné un corpus de fables. Ce choix personnel s’est fait sur plusieurs critères dans un premier temps, j’ai choisi des fables qui peuvent être accessibles à des élèves de cycle 3, et ensuite un choix s’est aussi fait par rapport à la place de la morale dans la fable au début, à la fin, ou implicite. De ce fait, la problématique provisoire pour mon mémoire pourrait être “Est-ce que les morales des fables de La Fontaine sont uniquement là pour enseigner quelquechose ?” ou “Est-ce que les fables de La Fontaine ont un caractère uniquement moralisateur ?” Au sein de mon mémoire, je vais analyser un point de vue qui est le mien, il s’agira d’une observation personnelle qui pourrait être discutée. Je pense que cela peut être mis en rapport avec une conception de Benveniste, “une méthode aux prises avec les difficultés d’un problème réel se laisse au moins juger sur les solutions qu’elle propose, tandis qu’à raisonner sur des conclusions acquises, on est sûr de gagner sans risque, et de n’enseigner que le connu”. Pour répondre à mes questionnements, j’ai lu et vais poursuivre quelques articles et ouvrages La fable Un mensonge qui dit la vérité, Christian BIET, Textes et Documents pour la Classe n°685, 1994 Les Fables de La Fontaine, Pratiques n°91, Septembre 1996 L’enfant et les fables, Michel Fabre, PUF, pédagogie d’aujourd’hui, Paris, 1989 Quelle littérature pour la jeunesse ?, Marie-Claire Martin et Serge Martin, Klincksieck, Paris, 2009, chap. 3, 14 et 15 Mots-clés morale, fables, La Fontaine, plaisir, enseignement, leçon, place de la morale _____ Serge MartinProfesseur émérite de littérature contemporaine de langue française DILTEC EA 2288 et THALIM UMR 7172, Université Sorbonne Nouvelle Paris 3 Ecrivain sous le nom de Serge RitmanMore Posts - Website Follow Me
La dissertation La matière première de la poésie est la vie La dissertation La matière première de la poésie est la vie humaine – ses accidents et ses incidents, ses victoires et ses désastres –, filtrée par la mémoire et l’imagination. », écrit Octavio Paz dans la préface à l’édition du recueil de Claude Roy, A la lisière du temps. Vous discuterez cette affirmation en vous référant aux textes du corpus et à vos connaissances personnelles. Les réflexions préliminaires et la lecture de l’énoncé          Vous discuterez » impose une réflexion organisée, dans la quelle on essaie de mettre en question, voire de critiquer, de réfuter, l’affirmation donnée Mais aussi, obligation de se poser la question de savoir ce que cette citation signifie. L’obligation de s’appuyer sur les textes du corpus, ce qui veut dire TOUS les textes du corpus, ou au moins 4 sur 5 ici. L’obligation de s’appuyer sur d’autres textes, vus en classe, lus personnellement. Les mots filtrée par la mémoire et l’imagination » imposent de ne pas négliger Claude Roy … … mais obligent aussi à se demander ce qu’est la matière première » ça sert à construire, à illustrer, ou c’est le thème ? … mais obligent aussi à se demander ce qu’est la vie humaine » quel humain ? Puisque l’on parle de poète, il s’agit d’écrivain, donc le sens des mots filtrée » et imagination » laissent entendre que la poésie n’est pas l’autobiographie réaliste ou intimiste, le carnet intime … Il faut donc se poser la question du travail de l’écriture objet d’étude vu en seconde, donc révisé en première par tout élève studieux qui n’a pas jeté son classeur de l’an passé Une proposition de plan dialectique » très sommaire, c’est-à -dire plus ou moins ThèseAntithèse-Tentative de synthèse, sans développement d’exemples, mais avec des pistes et quelques liens Internet pour votre culture 1° Certes, la vie humaine est bien un matériau, on en a des preuves dans certains types de poèmes qu’ils parlent de maladie ou non, de victoires ou de désastres des arguments et quelques illustrations à développer        La poésie intimiste, amoureuse, les récits de chagrins d’amour Louise Labé Le lyrisme des tragédies personnelles, Claude Roy, Armen Lubin La réflexion sur un épisode de sa vie Les choses vues, la famille, l’enfance, le thème de la vie intime, Rimbaud Ma Bohème, Les poètes modifient la réalité, la filtrent, soit parce qu’ils utilisent des formes courtes le sonnet, soit par décence, soit parce qu’ils dissimulent, masquent ce qui serait trop intime, mais on la sent parce que ça touche à des émotions que chacun peut ressentir La chanson des Frères Jacques est bien une réécriture des thèmes de la maladie, de son vocabulaire, mais ne racontent pas une vraie maladie ou un malaise comme Michaux dans Ecuador On peut d’ailleurs se poser la question de la sincérité … 2° Mais il y a les poètes qui font apparemment une poésie sans lien avec la vie personnelle un catalogue à trier et organiser        Ceux qui font de l’art pour l’art », les Parnassiens, certains poètes de la Renaissance qui évoquent des histoires d’amour très artificielles Ceux qui décrivent la nature, Gautier, Le pin des Landes Les fabulistes racontent des histoires sans rapport direct avec leur vie propre D’autres parlent de théories, de choses abstraites Baudelaire, Correspondances, Harmonie du soir Le macabre de Baudelaire dans les Fleurs du Mal n’est pas le résultat d’un travail sur des éléments personnels, mais se rattachent plutôt à des éléments de sa pensée, de ses obsessions, de ses opinions D’autres poètes prennent l’occasion des circonstances, comme Hugo qui fait une Fable ou Histoire pour exprimer une opinion très liée à un moment de l’histoire contemporaine, mais ne touche pas directement Hugo lui-même, et peut ensuite chronologiquement ou abstraitement être généralisé à d’autres situations similaires de tyrans ou de pouvoirs politiques autoritaires La poésie didactique n’est pas liée à des émotions personnelles, à des victoires ou des désastres 3° Cependant, aucun poème n’est totalement déconnecté d’une réalité personnelle de son auteur, c’est le fait même de l’individualité de l’acte d’écrire retour à l’objet d’étude évoqué plus haut un peu de réflexion théorique, légèrement illustrée, que vous étofferez vousmêmes On ne peut pas enlever à des poèmes abstraits le fait que leur auteur a bien constitué sa pensée à partir de sa vie, de son éducation le filtre est alors celui du cerveau, de la pensée conceptuelle Les poèmes historiques s’écrivent parce qu’un auteur a souffert, soit moralement, soit politiquement, soit dans sa chair Hugo, les poètes de la résistance lors de la deuxième guerre mondiale, les auteurs engagés des guerres de religion Les fables de La Fontaine sont indissociables de sa conception personnelle du pouvoir à l’époque de Louis XIV, et même s’il était très monarchiste, on peut y trouver, par le filtre des animaux qui parlent, qui sont rois, une vision du monde qui lui est propre Même les poèmes en apparence totalement intellectualisés et faits sur des principes a priori, sont le reflet d’une volonté inscrite en rupture ou en révolution par rapport à une vie littéraire les oulipiens travaillent la forme, Perec écrit les Alphabets { HYPERLINK " } ou { HYPERLINK " } ou les lipogrammes d’après sa lecture de tel ou tel poème, et Les chats de Baudelaire deviennent { HYPERLINK " }, sans la lettre E, dans un poème qui traite le même thème Isidore Isou, qui invente { HYPERLINK " } ou { HYPERLINK " } cliquez sur un numéro de la colonne de gauche, se place en révolutionnaire du langage 4° Conclusion squelettique, à étoffer et outiller de connecteurs et d’une formule finale d’ouverture, pour ceux qui tiennent absolument à en mettre une je rappelle qu’il est préférable de conclure sans ouverture, que de faire une ouverture sans avoir conclu … On ne peut qu’accepter la phrase d’Octavio Paz, qui semblait une provocation ou un paradoxe, et qui après examen s’avère assez évidente. Pas banale ou ordinaire tout de même, puisqu’elle obligé à réfléchir sur la nature de la poésie, et un peu sur sa fonction.
Ce document propose une problématisation sur le parcours "Imagination et pensée au XVIIème siècle" en lien avec l'étude des livres VII à XI des Fables de La Fontaine. L'objet d'étude "la littérature d’idées du XVIème au XVIIIème siècle" invite à mettre en évidence les liens qui se nouent entre les idées, les formes et le contexte culturel, idéologique et social dans lequel elles naissent. L’association des notions de pensée » et d’ imagination » est au cœur de la réflexion générique à propos des fables et ce pour deux raisons Primo, la conjonction des deux termes constitue ce que La Fontaine désigne, dans la préface de 1668, sous le nom d’apologue, c’est-à -dire, un court récit d’imagination duquel se dégage une pensée ou une vérité morale ou philosophique. En effet, la spécificité de la fable réside dans une construction spécifique à l’intérieur de laquelle la pensée, - la moralité - entendue comme la faculté de connaître, de raisonner, et de juger, passe par l’imagination – le récit - dans le sens de création d’images mentales, sur le modèle de l’allégorie. Secundo, dans la deuxième Méditation, Descartes donne de la faculté de penser un sens large chez lui, la pensée se confond avec la conscience et avec l’âme dont la nature, comme res cogitans, n’est que de penser c’est aussi bien douter, comprendre, vouloir, porter des jugements que sentir ou imaginer c’est-à -dire produire des représentations. Fondamentalement, la pensée est, avec le langage, ce qui distingue le plus fondamentalement les hommes des animaux. Or, dans les fables animalières, la signification morale se fonde sur un principe de transposition du monde humain dans l’univers des espèces animales qui n’a de sens que par l’idée qu’il existe des points communs observables entre hommes et animaux cf. physiognomonie comparée. Dénier aux animaux toute forme de pensée, c’est rendre caduque la pertinence même de la fable. RetourHautMise à jour 15 février 2022
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Introduction - XVIIème / classicisme - La Fontaine a donné à la fable, genre jusque là mineur, ses lettres de noblesse véritable genre littéraire, proche des grands genres –théâtre, épopée, poésie… - Cette fable appartient au 1er recueil didactique destiné aux enfants, fables simples, peu développées par rapport au 2ème recueil…. - Fable qui précède Les deux Taureaux et une Grenouille ». Ressemblances deux personnages identiques face à un personnage tout seul ; une morale appliquée à la politique française. Fable qui suit L’Oiseau blessé d’une flèche » la Belette se prétend oiseau v. 13. Une fable peu connue. Le XVIIème siècle est marqué par les écrivains de Cour, tels que Molière, Racine, Corneille et La Fontaine. Auteurs de comédies, de tragédies ou tout simplement de fables, ils exerçaient par leurs écrits une forte influence sous la monarchie absolue de Louis XIV. Molière dresse une piquante satire des petits nobles » dans son Bourgeois Gentilhomme, tandis que La Fontaine plaît à la Cour avec ses deux recueils de Fables, qui tantôt trahissent les intrigues de cour, tantôt offrent au lecteur une vision plus générale de la vie et lui proposent des conseils qui dépassent les mœurs de la Cour proprement dite. Dans La Chauve-souris et les deux Belettes », La Fontaine donne une leçon de sagesse » à celui qui vit dans un milieu plein de dangers et de pièges. Marqué par la prédominance du genre théâtral, il fait de cette fable une petite pièce de théâtre humoristique qui propose une morale très conforme aux principes du classicisme. I- Une esthétique théâtrale très XVIIème siècle » A. Une petite pièce classique, très symétrique Par bien des aspects, La Chauve-souris et les deux Belettes » s’apparente à une petite pièce de théâtre, composée de deux scènes symétriques. - La structure même de la fable, sa composition repose sur deux anecdotes d’égale longueur –environ quinze vers- très similaires dans leur déroulement. Dans les deux scènes », la Chauve-souris atterrit chez une belette et, par sa ruse, arrive à se sauver Par cette adroite répartie, Elle sauva deux fois sa vie ». - Les dialogues, qui occupent la plus grande partie de la fable, concourent à l’impression de symétrie presque parfaite entre les deux scènes –on pourrait dire sketchs » de nos jours. En effet, ils sont très similaires ainsi, la Chauve-souris s’exclame dans la scène 1 » Je suis oiseau voyez mes ailes. Vive la gent qui fend les airs… » v. 13-15 Et, dans la scène 2 Je suis souris vivent les rats ! Jupiter confonde les chats… » v. 26-28 La Fontaine, par ces échos entre les deux dialogues en parallèle, répond au goût classique de la symétrie et de l’équilibre. B. Le souci de la vivacité et de la variété Mais, pour ne pas ennuyer le lecteur par une répétition qui pourrait être lassante, il recourt à de nombreux moyens. - L’abondance de verbes d’action rend le récit trépidant, évite à l’action de stagner et en accélère le rythme ; il s’agit, pour la plupart, de verbes de mouvement, employés au passé simple qui traduit une action rapide et soudaine la Belette accourut », la Chauve-souris donna tête baissée »… La Fontaine utilise aussi, pour camper deux situations semblables, une présentation différente qui introduit de la variété. Ainsi, les circonstances de l’accident dans les deux scènes » ne sont pas rapportées de la même façon Une Chauve-souris donna tête baissée Dans un nid de Belette… » Plus loin, Deux jours après, notre étourdie Aveuglément va se fourrer Chez une autre Belette… » Le ton du fabuliste se fait moins objectif il laisse percer, en même temps qu’un léger reproche, sa sympathie pour sa créature –à travers l’adjectif possessif notre », qui en même temps implique le lecteur- ; le personnage n’est plus désigné froidement par sa race animale, mais par son trait de caractère dominant … - Les similitudes sont aussi compensées par des variantes dans la structure des répliques. Ainsi, la Chauve-souris, bien qu’elle exprime dans chaque scène des sentiments similaires, varie ses expressions et son style Je suis oiseau voyez mes ailes. Vive la gent qui fend les airs » devient, face à deuxième belette Qui fait l’oiseau ? C’est le plumage. Je suis souris vivent les rats ! » Variété dans le rythme des vers, dans la structure syntaxique, Moi, souris ! Des méchants vous ont dit ces nouvelles » v. 11 Moi, pour telle passer ? Vous n’y regardez pas… » v. 21 - Enfin, comme au théâtre, par souci de contracter le temps, La Fontaine varie la façon de rapporter les paroles dans la première anecdote, la Belette s’adresse directement à la Chauve-souris Quoi ! vous osez, … à mes yeux vous produire… » ; dans la deuxième, les réactions de la Belette sont exprimées indirectement et son discours ramassé la dame du logis, … S’en allait la croquer en qualité d’oiseau ». - Variété aussi dans les personnages mentionnés belettes, chats oiseaux… et même l’auteur de cet univers » l’on ne s’attendait guère de voir aussi Jupiter » v. 28 en cette affaire… C. Les ingrédients » d’une pièce de théâtre… - Décors, costumes » et didascalies… La Fontaine mentionne les décors et les costumes » nécessaires à la mise en place –sinon à la mise en scène- de l’anecdote dès le deuxième vers, il précise que l’action se déroule dans un nid de belette », ce qui sollicite l’imagination du lecteur de façon très concrète. L’indication de jeux de scène donne à la fable son allure théâtrale de comédie ainsi la Chauve-souris donna tête baissée » dans un nid de belette ; plus loin, elle déclare Je suis oiseau, voyez mes ailes », propos qui suggèrent ses gestes qui participent au pouvoir de persuasion de son discours. Ces mots jouent le rôle de didascalies internes qui seraient précieuses pour un acteur désireux de mettre en scène » la fable. Cependant, l’absence presque totale d’accessoires rend la pièce » plus sobre, et par là plus conforme à l’esthétique classique, laisse libre cours à l’imagination et en même temps met l’accent sur l’action et la psychologie des personnages. - Des allures de tragédie conflit et suspense - Comme toute pièce de théâtre, l’action repose sur un affrontement –ici double- c’est un conflit immémorial qui oppose deux engeances, deux races », dont l’une aurait tâché de … nuire » à l’autre ; l’une des Belettes est envers les souris de longtemps courroucée », l’autre est aux oiseaux ennemie ». - On pourrait se croire dans l’univers de la tragédie, dans lequel le personnage principal est par deux fois en danger de sa vie ». Le lecteur est pris par un suspense dans lequel se joue le sort de la pauvrette », qui pourrait bien devenir victime. Il se demande si la Chauve-souris, prise une deuxième fois, réussira à se sauver. » Le fabuliste lui laisse même entrevoir la mort tragique de la Chauve-souris la Belette s’en allait la croquer en qualité d’oiseau » ou accourait pour la dévorer ». La réponse à ces interrogations n’est donnée que plus tard, après un long discours argumentatif dans lequel la brièveté de l’octosyllabe –par opposition à l’alexandrin majestueux- traduit le désarroi de la Chauve-souris. - Le vocabulaire lui-même est celui, soutenu, de la tragédie - il est question de courroux », d’ outrage », de sauver sa vie »- et les périphrases contribuent à ce ton la Chauve-souris parle de l’auteur de cet univers » et de la gent qui fend les airs » pour désigner le créateur d’une part, les oiseaux d’autre part. Se parodiant lui-même, La Fontaine mentionne la dame du logis, avec son long museau », qui préfigure la dame au nez pointu » du Chat, la Belette et le Petit Lapin ». II- La bonne humeur d’une comédie A. Le comique de répétition Et pourtant… malgré ces ingrédients » propres à la tragédie, la fable reste une comédie et la bonne humeur, l’humour et la fantaisie de La Fontaine l’emportent. Il s’agit tout d’abord d’un comique de situation. Le fait que la Chauve-souris se laisse attraper » par deux fois par le même animal amuse le lecteur. Plus loin, lorsqu’elle est si prompte à renier ses origines, elle fait sourire Moi, souris ! », Moi, pour telle passer ? ». La structure de l’histoire repose sur la répétition, dont on sait qu’elle est source de comique. La symétrie des répliques de la Chauve-souris, presque identiques d’une fois sur l’autre Vive la gent qui fend les airs ! », Vivent les rats », mais pour soutenir deux thèses diamétralement opposées l’une à l’autre, n’en devient que plus comique. B. La parodie de tragédie - Les expressions qu’elle utilise sont plaisantes dans la bouche d’une Chauve-souris comme une parodie de tragédie ; le décalage entre la nature de l’animal et son parler ampoulé, parfois très soutenu, amuse le lecteur Jupiter confonde les rats ! » aurait, n’étaient les rats », les accents d’une imprécation tragique ! - Mais La Fontaine passe sans scrupules du langage soutenu au langage familier Quoi ! vous oser, dit-elle, à mes yeux vous produire… » s’oppose au verbe familier se fourrer » v. 19. Le verbe croquer » contraste avec l’expression soutenue on lui faisait outrage ». A Jupiter » en début de vers font écho… les chats » ! C. Des personnages amusants et schématiques - Comme dans la comédie, les personnages sont amusants parce que schématiques. L. F. n’esquisse qu’un seul croquis physique, celui d’une des belettes, tournée en caricature La dame du logis avec son long museau ». - Ces personnages, mi-animaux, mi-hommes, sont en fait plus représentés par des traits psychologiques grossis qui les caractérisent. 1 Les deux Belettes ne pensent qu’à croquer » ou dévorer » leur proie, elles n’obéissent qu’à leurs instincts premiers, sans réflexion. Elles sont toutes deux opposées à la Chauve-souris et par leur similitude font penser aux deux pères des Fourberies de Scapin. Elles sont l’image des puissants sans scrupules. 2 La Chauve-souris , elle, est étourdie », mais elle est aussi très bonne comédienne, douée pour le théâtre, belle parleuse ». Ses qualités d’avocate qui plaide sa propre cause, sa malice révèlent son intelligence et son à -propos. Le lecteur comprend alors qu’elle représente le courtisan habile et trompeur. III- La philosophie » de La Fontaine Castigat ridendo mores », disait Aristote de la comédie. La fable semble jouer le même rôle. Dans cette petite comédie », le lecteur peut discerner d’une part une critique, d’autre part des conseils de vie et une philosophie de la vie propres à La Fontaine. A. Les cibles de la critique, une vision pessimiste de la société les puissants et les dangers de la vie La fable a d’abord une portée politique et sociale. - Les allusions aux conflits du XVIème siècle que comporte la morale explicite, clairement séparée du récit, - L’écharpe », pendant les guerres de Religion, servait de signes de reconnaissance aux différents partis en conflit et la Ligue », dirigée par les ducs de Guise et de Mayenne, s’opposant violemment à Henri III qu’elle chassa de Paris en 1588- ne sont que des masques pour viser le XVIIème siècle dans lequel vivaient –dangereusement- les courtisans, parmi lesquels La Fontaine même. La Fontaine choisit des exemples moins brûlants que ceux de la Fronde, mais personne, en le lisant, ne s’y trompait. - Les deux Belettes, sans foi ni loi, prêtes à croquer » les faibles comme la pauvrette », sont nombreuses à la Cour et font régner la loi du plus fort. La Cour est présentée comme le lieu de tous les dangers » que les étourdis » comme La Fontaine lui-même ont du mal à éviter. B. Conseils de vie pour un sage » Dans cette société, il faut survivre ou plutôt sauver sa vie ». Les puissants obligent ainsi les plus faibles à mentir. Et le sage » ici n’incarne pas dans cette fable la vertu, mais la prudence du faible pris entre les partis. Par des termes affectifs la pauvrette », l’adjectif possessif notre étourdie » ou à connotation positive le sage », le lecteur comprend que La Fontaine approuve les procédés de la Chauve-souris, cette hypocrisie volontaire qui consiste à user du pouvoir de la parole et des adroites reparties » et à savoir changer d’attitude selon les circonstances. Nul héroïsme ou incitation à la vertu à tout prix ; mieux vaut l’habileté et la prudence. Et l’on comprend que, derrière le personnage du XVIème siècle auquel le fabuliste donne la parole directement pour clore avec vivacité sa fable, se profile La Fontaine lui-même. Au fond, le fabuliste critique la société qui empêche le sage » d’exprimer sa propre opinion et le contraint à se conduire hypocritement. C. Une philosophie » classique ? Plus généralement, la fable, dans la philosophie » de la vie qu’elle suggère comme dans son esthétique, obéit au principe classique juste milieu, de la prudence et de la modération -qui s’appuie sur une analyse somme toute assez pessimiste de la nature humaine-. Sous des aspects plus riants et plus plaisants, la vision du monde de La Fontaine ressemble à celle d’un La Rochefoucauld dans ses Maximes. Conclusion La Chauve-souris et les deux Belettes » fait partie de ces fables qui dessinent une conduite de vie qui permit à La Fontaine de vivre dans son milieu et dans son temps elle allie la vivacité et l’alacrité qui plaisaient tant aux courtisans et les divertissaient et la profondeur de la pensée d’un sage ; elle répond au goût de son époque pour la représentation théâtrale du monde et en même temps débouche sur une morale » que les comédies de Molière véhiculaient aussi. Il n’est pas étonnant que des hommes de scène, et même encore tout récemment comme Robert Wilson à la Comédie Française en 2005, aient puisé dans des fables comme celle-ci la matière à un spectacle qui divertit encore enfants et adultes. Précisions complémentaires Le contexte historique C’est une nouvelle fois Esope qui procurera l’argument permettant à La Fontaine d’écrire cette fable. Mais celui-ci en fera une peinture des mœurs politique hésitantes de l’époque. Nous sommes en effet tout proches de la Fronde dirigée contre Mazarin 1648-1653. Pourtant, La Fontaine ne parlera pas de la Fronde mais de la Ligue 1576-1594. Explication sur les termes du texte Tête baissée ? Bien sûr, puisque les chauve-souris dorment la tête en bas ! Sans fiction Sans mensonge. Ma profession Le terme La gent L’espèce. Aux oiseaus ennemie Ennemie des oiseaux. Qui fait l'oiseau? Qu’est-ce qui fait l’oiseau ? Je suis souris, Vivent les rats! Confusion fréquente chez La Fontaine qui ne distingue pas les souris des rats. Jupiter confonde les chats! Puisse Jupiter confondre les chats ! Changeants Toujours cet accord du participe présent qui, s’il nous déconcerte maintenant, était normal à l’époque. Changer d’écharpe correspond à notre tourner la veste », c'est-à -dire changer d’avis ou de camp. A l’époque, on se servait d’écharpes, portées en bandoulière. Leur couleur indiquait le camp auquel on appartenait les partisans de la Ligue portaient une écharpe verte, ceux du roi une écharpe blanche. On dit , faire la figue à quelqu’un, pour se moquer de lui » Furetière. Il s’agit d’une expression populaire d’origine italienne qui s’accompagnait d’un geste douteux représentant le sexe féminin.
dissertation sur les fables de la fontaine imagination et pensée